© Gilles Dehaudt 2008


La première mention de l’église Saint Pierre de Bourghelles est tardive, au XIIe siècle. Elle dépendait des Grands Vicaires de la Cathédrale de Tournai.
Il faut un examen attentif de l’église et le secours des archives pour comprendre l’évolution de cette église qui a connu plusieurs phases architecturales.
De l’église romane qui a subsisté presque intégralement jusqu’en 1737 il ne reste que des pans de murs au chevet, en moellons de pierre de Tournai. Elle se composait d’une nef rectangulaire et d’un choeur de même plan mais plus petit, encore reconnaissables dans le plan actuel. Vers 1450 est ajoutée une grande chapelle au sud, dédiée à la Sainte-Croix, laquelle existe encore. On peut y voir une heureuse alliance entre les matériaux, des fenêtres au tracé impeccable dont on remarquera les dimensions exceptionnelles des pierres de Tournai, et enfin un petit portail visiblement percé plus tard et dont le tympan a perdu ses armoiries. Cette chapelle avait, avant 1723, des pignons au dessus de chaque fenêtre, ce qui lui donnait une allure très pittoresque. Le XVIIIe siècle est l’époque où le vieil édifice donne des signes de fatigue et les enquêtes dénoncent les dangers d’écroûlement. La façade nord est reconstruite en 1737 en pierre blanche et briques sur le modèle de celle de 1450. Puis l’église est allongée vers l’ouest en 1751, en gardant le même style sauf en façade. On voit au nord la limite entre les deux campagnes de construction. Le clocher se trouvait sur le toit de la grande nef jusqu’en 1921. Jugé trop vétuste, il est remplacé par le clocher actuel qui masque la façade du XVIIIe siècle et dont l’architecture est malheureusement assez médiocre. Ces travaux n’ont pu être entrepris qu’après de longues discussions avec le Chapitre de Tournai dont faisaient partie les Grands Vicaires. Plusieurs procès ponctuent ces tractations, courantes pendant les XVIIe et XVIIIe siècles
   
Cartes postales montrant l'église vers 1920 (Mairie de Bourghelles)




Extrait de la plaquette sur Bourghelles - collection Architecture et Tradition - éditée par la Communauté de Communes du Pays de Pévèle
DESCRIPTION INTERIEURE
En 1982 l’église est à nouveau en danger à cause du pourissement de quelques pièces de charpente et surtout à cause des divers travaux ayant modifié l’édifice aux XVIIIe et XIXe siècles, les poutres ayant été coupées, d’autres pièces étant supprimées, et enfin la souche de l’ancien clocher, conservée, pesait sur des assises consommées... Une grande campagne de restauration et de restructuration a été entreprise sous la direction d’Alain Plateaux, de 1982 à 1986. Ces travaux ont été approuvés et surveillés par les Bâtiments de France.
La petite nef sud, dédiée à la Sainte-Croix, a été décapée et sa voûte en bois restituée comme elle était au XVIIIe siècle. Les colonnes, aux chapiteaux tournaisiens assez lourds, ont été dégagées d’enduits peints en faux marbre... Pour la nef principale, il a fallu se résoudre à supprimer les vestiges de l’ancien clocher, trop dangereux, ce qui a permis de dégager la très belle charpente en chêne de la fin du XVIe siècle. Un plafond décoré de gypseries (1751) a pu être conservé vers l’entrée qui a aussi des décors de la même époque. Une tribune a été constituée par dessus, avec une balustrade récupérée lors de la démolition d’une chapelle rue Princesse à Lille (début XIXe s.)
Dans le chœur existait une charpente hétéroclite qui a dû être entièrement reprise en restituant les poutres et les poinçons selon le modèle encore existant contre le pignon. Des pièces de cette charpente portent la date de 1586. L’arcade entre nef et choeur a été rebâtie, ayant été supprimée en 1723...
Quatre carreaux de terre cuite dans le dallage marquent les emplacements des poteaux qui soutenaient le clocher de jadis.
(Extrait de la plaquette sur Bourghelles)

LE MOBILIER
Cette église est remarquablement meublée. La pièce la plus surprenante est la statue de saint Pierre en pape, en chêne sculpté et polychromé, du XVe siècle. Trois autels du XVII° siècle, un dans la chapelle sud, deux à l’entrée du choeur, sont de beaux exemples de style baroque. Les boiseries qui entourent le sanctuaire et forment retable de l’autel majeur sont des années proches de 1725, très élégantes. Au dessus des portes latérales, deux tableaux du XVIIe siècle sont très intéressants, probablement rapportés d’ailleurs. Celui du retable est une copie d’une oeuvre du Titien (le tableau original et son cadre sont au retable sud). La chaire et le confessionnal, ainsi que le banc de communion sont de la même époque qui marque une transformation du chœur.
Il faut encore remarquer, sous la statue de saint Pierre, une base de baptistère romane, en pierre de Tournai, du XIe/XIIe siècle, retrouvée au cours des travaux. Puis le baptistère daté de 1571, un bénitier de 1678 avec le monogramme du Christ : IHS.
(Extrait de la plaquette sur Bourghelles)
   
Photos dans l'église prises lors d'un concert de la Schola Aquieliensis venue du Frioul (Italie) en décembre 2006
La restauration effectuée en 2014 ...

après plusieurs mois de travail on découvrait pour Noël le magnifique travail de restauration réalisé à l'église saint Pierre ... Un très grand merci à la municipalité maître d'ouvrage ! C'est très, très beau !!